Vous avez dit EQUILIBRE ?

 

 

 

Dans un ouvrage célèbre en son temps, Cuénot et Tétry  ont décrit les conséquences  invraisemblables de l’intervention de l’homme dans un espace «stable».   Je reprends  à partir de quelques notes:

 

 

 

Quand on débarque dans une île sans ressources alimentaires connues, cela incite à mettre en route un élevage facile.

 

  Ce qui fut fait aux Îles Macquaries* : On introduisit fin XIX ème  des lapins. (Joyeuse bonne idée) : ils ravagèrent la végétation. En réaction, on pensa que les chats ne feraient qu’une bouchée des jeunes lapereaux. On pensait juste… les lapins restèrent limités dans une population acceptable. (BON !) Mais les chats  s’étant bien reproduits il s’en suivit une raréfaction des lapins. Il leur fallut se rabattre sur une autre espèce pour assurer leur maintenance. Catastrophe, il n’eurent pas de meilleure idée que de s’attaquer aux oiseaux de mer. (Nouvelle idée de génie :) On fit venir des chiens –peut-être des dingos-  pour venir à bout des chats. Mais ils préférèrent… les Phoques. (Aïe !) Alors, - l’erreur est humaine, mais il est diabolique de persister-  on rechercha comment venir à bout des chiens…   et des chats, et …  vers 1970,  (-Oui,oui)-  on eut recours à la myxomatose pour enfin mater ces sacrés lapins qui avaient repris le dessus.  Seulement, voilà, si en France et en Europe la myxomatose a galopé  comme certains s’en souviennent, c’est que -hors les transports sauvages en voiture-   naturellement , le virus est transmis par le biais d’insectes.  Or dans les îles, les vents les entrainent  au-delà des terres, à cause de leurs ailes.

 

Si bien que la majorité des insectes insulaires ont perdu leurs ailes qui n’avaient qu’un aspect mortel à leur offrir.

 

Mais, perdre ses ailes, c’est perdre le moyen principal de déplacement. Alors les lapins sont repartis « comme on dit » à la hausse..

 

 

 

 

 

Une deuxième histoire,  (la dernjère !): celle de la mangouste :

 

Dans le but de détruire les rats qui infestaient et ravageaient les champs de canne à sucre à la Jamaïque,  on introduisit en 1872 des mangoustes de l’Inde, soit 9 individus : (NEUF !  4 mâles et 5 femelles). Elles se multiplièrent rapidement et s’étendirent dans l’île entière jusque qu’aux plus hauts sommets ; elles détruisirent d’abord les rats (–Opération réussie !). Mais quand ceux-ci commencèrent à devenir rares elles se rabattirent sur  les jeunes cochons, les chevreaux, les agneaux (Aïe, aîe, aïe…) les petits chats, les petits chiens, les  volailles et leurs œufs  (Arrêtez !!!-)  les oiseaux nichant près du sol, les œufs de tortue   (-Non, NON ! ne partez pas !! ce n’est pas fini !!!...)  les serpents, les lézards terrestres et les crabes !!   (-Et on continue par beaucoup plus fort !!!-)  des espèces furent exterminées tel le Pétrel de la Jamaïque …. A partir de ce moment, corrélativement,  des insectes  jusqu’alors rares et «indifférents » devinrent abondants et nuisibles par suite de la destruction des insectivores (oiseaux, batraciens… et  autres). Au bout d’un certain temps rats et mangoustes virent leur population diminuer, parvenir à un équilibre assez instable  (-Enfin !!! -)  et ainsi faire partie intégrante de la faune… Mais…  les rats -pas fous-  se sont mis à nicher dans les arbres… !!!

 

 

 

Ceci s’est passé dans des îles, autrement dit en champ clos.  Toutes choses étant égales par ailleurs, évalue-t-on l’ampleur des dégâts causés dans le monde par la pêche industrielle, le braconnage aux fins diverses, l’extraction de l’or par le mercure,  l’emploi immodéré et inconscient des pesticides depuis soixante ans, pour  ne citer que les actes les plus évidents et les plus connus, mais pas obligatoirement les plus destructeurs?

 

 

 

Enfin, pour bien mettre en évidence l’aspect « apprenti sorcier » de nos décideurs de tout acabit, soulignons qu’un entomologiste français spécialiste des moustiques,  Frédéric Darriet, estimait il y a quelques années que l’emploi à tout-va du DDT pour éradiquer les moustiques, n’avaient finalement abouti qu’à sélectionner des lignées résistantes.  J’arrête !

 

Jean Parisot

 

 

 

 

 

Jean Parisot

 

 

 

 

 

 

 

* Les îles Macquaries se trouvent entre la Tasmanie et l’Antarctique.