Le marronnier d'Inde

Le Marronnier d’Inde connu en France depuis près de quatre siècles présente une caractéristique relative à la relation Plante/Insecte.
Mellifère ses fleurs sont très visitées par les abeilles et  autres pollinisateurs.
En Avril/Mai les inflorescences sont déployées.
Il est possible de voir sur la photo ci-après, que toutes les fleurs n’ont pas les mêmes taches à la base des pétales. Certaines sont rouges, les autres jaunes.
C’est à cet endroit qu’il est préférable de se débarrasser de tout anthropomorphisme facile. Lorsque les fleurs s’épanouissent, les taches sont jaunes. Mais alors pourquoi en trouve-t-on des rouges ?
La plupart des insectes sont très attirés par le jaune -voyez les champs de colza en mai-juin avec les myriades d’insectes divers qu’ils attirent (avant action des traitements….)-  les mêmes, par contre semblent ne pas percevoir le rouge. Couleur peu attractive d’ailleurs pour les insectes.* Lorsque les pollinisateurs passent de fleur en fleur ils laissent au passage des grains de pollen sur la partie femelle –le stigmate-  assurant ainsi la fécondation.
A ce moment, la tache jaune va virer au rouge. Et tout se passe comme si la plante faisait savoir à ses hôtes qu’il n’était plus nécessaire de s’attarder sur cette fleur, car le travail de fécondation était déjà fait. <Passez votre chemin chère amie, il n’y a plus de jaune>, plus de couleur d’appel, donc plus de passage.
Economie de travail ? Communication plante/insecte ?
Objectivement oui. Quand je vous disais qu’il fallait se méfier  de l’anthropomorphisme !!

 

Jean Parisot

*Des essais scientifiques ont été effectués au milieu du XX ème siècle sur ce sujet,  démontrant les diverses  réponses des insectes aux différentes couleurs proposées. (dans l’ordre des préférences  les réponses étaient: jaune, blanc, vert, bleu, rouge et noir. Pour ces deux dernières  possibilités, il s’agirait plutôt d’erreurs de pilotage et/ou de facéties des vents.