La Girafe et l’Acacia. (Jean de la Fontaine new look?  )

 

 

 

 

 

Au beau milieu du XXème, des auteurs avaient reporté l’étrange comportement des girafes lorsqu’elles broutaient des acacias, arbustes à leur portée. Peu après avoir commencé leur repas, elles arrêtaient et reprenaient sur un autre congénère.

 

Il m’est difficile de résister à l’envie que j’ai de partager de récentes données, qui éclairent ce comportement, et qui rendent compte de relations végétal-animal auxquelles nous n’avions pas été habitués!    

 

 

 

Je cite :

 

 

 

« Dans les années 1970, des chercheurs ont mis en évidence l’étonnant comportement d’une espèce  d’acacia de la savane africaine dont les feuilles sont broutées par les girafes. Pour se débarrasser de ces prédateurs très contrariants, les acacias augmentent en quelques minutes la teneur en substances toxiques de leurs feuilles. Dès qu’elles s’en rendent compte, les girafes se déplacent vers les acacias voisins. Voisins ? Non, pas tout à fait, elles ignorent tous ceux qui se trouvent dans le périmètre immédiat du premier arbre et ne recommencent à brouter qu’une centaine de mètres plus loin.

 

La raison en est surprenante : les acacias émettent un gaz –dans ce cas de l’éthylène- qui informe leurs congénères de l’imminence d’un danger. Aussitôt les individus concernés réagissent en augmentant à leur tour la teneur en substances toxiques de leurs feuilles. Les girafes, qui n’ignorent rien du manège, se déplacent jusqu’aux arbres non avertis. Ou bien, elles remontent le vent. Les messages olfactifs étant transportés d’arbre en arbre par l’air, si elles se déplacent dans le sens contraire au vent, le premier arbre voisin n’aura pas été informé de leur présence et elles n‘auront pas à interrompre leur repas.... «  

 

 

 

Malgré toutes les acquisitions dans ce domaine, soyons réalistes, retenons notre souffle, ce n’est encore qu’un début.

 

 

 

Jean Parisot

 

 

 

- Peter Wohllenben,  La vie secrète des arbres.  Les Arènes 2015    - p. 20.