KÉKESÉKSA ???

 

BLOB!.... vous avez dit ????

 

 

 

La proximité avec les « vivants inférieurs », végétaux et leurs voisins, amène l’observateur à se demander si, finalement, ils pourraient bien être les descendants de quelque martien bloqué sur terre. En effet un certain nombre de caractéristiques pour le moins étonnantes, décrites depuis un « temps certain*», font surface depuis quelques mois, assortis de nouveaux et déroutants aspects.

 

Ce qui ne manque pas de sel, c’est que parmi eux se trouvent des organismes qui par leur allure et leur comportement  renverraient l’origine de leurs ancêtres, peut-être  vers Pluton, mais plus encore du côté de Sirius ou plus loin encore.

 

L’aspect ironique de la question surgit de la datation de leur origine. Si nous, Humains, pouvons nous targuer de nos quelques 200 000 ans (sans nous laisser embarquer dans toute la liste de nos proches prédécesseurs) celui qui va retenir –un moment- notre attention, est apparu sur terre il y a, quand même, environ (!?) entre 1 milliard et 500 millions d’années.

 

S’il fut occasionnellement observé, il fallut attendre le début du XIXème siècle pour que des tentatives de classification se succèdent. Il fut intégré dans les champignons –très longtemps-, dans les amibes, etc., etc., et ‘désormais’, il a été créé un Ordre à son seul usage, à égalité avec Animaux, Végétaux, etc…

 

Bref, il y a de fortes chances pour que chacun l’ait rencontré ici ou là, en forêt, dans des endroits sombres et humides, sous la première couche de feuilles en décomposition, ou encore  sous  l’écorce  de  branches  en pourriture, comme quelque petite  chose,  jaune,  inerte – apparemment–, voire inaperçue parce que confondue avec champignons, insectes en hibernation ou bien d’autres choses.

 

Audrey Dussutour du CNRS, étudie cette énigme vivante depuis une dizaine d’années. En effet, cette « chose » reste un défi pour notre entendement. En gros, il s’agit d’une grosse cellule, unique, avec une multitude de noyaux évoluant sans contrainte dans le liquide interne, pas de cloison, pas  de bouche ou d’orifice  en tenant lieu, mais se nourrissant par absorption après avoir décomposé l’aliment, pas de pattes mais se déplaçant quand même, pas de système nerveux, pas de cerveau, mais manifestant une mémoire et, ô surprise! capable d’apprendre et de partager ce savoir avec ses congénères**. Pour en finir –il faut savoir s’arrêter, bien que l’auteure livre d’autres particularités piquantes-  un potentiel de croissance incroyable lorsque les conditions climatiques, alimentaires lui sont favorables : 4cm à l’heure !**** Par contre si l’eau vient à manquer il se dessèche, s’enkyste… et attend de meilleurs moments.

 

Ne nous appesantissons pas davantage à propos de ces étranges vivants. Et engageons quiconque manifeste de l’intérêt pour ces voisins dérangeants, à lire l’ouvrage de Audrey Dussutour.  L’auteure  dans un petit livre sans prétention manie une écriture alerte et attachante, pas du tout pontifiante, et au passage, livre quelques réflexions sur les vicissitudes de la vie de chercheure qui peuvent surprendre quiconque n’a pas fréquenté ce milieu.

 

 

 

                                                                                                                     Jean Parisot     27 11 2018

 

 

 

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

 

* et n’ayant pas bénéficié à l’époque d’une quelconque publicité, en raison de ce que l’on aurait considéré cette description comme une grosse incongruité.  Comme par exemple, la communication entre individus végétaux, reconnue depuis comme un fait.

 

 

 

** Enfin, pas pour autant, le Larousse en 24 volumes…

 

 

 

*** Registre CAS, tenu par une division de la Société américaine de Chimie (ACS)

 

 

 

**** Un sprinter !  comparé aux lichens qui en pleine vitesse, accroissent leur diamètre de  1 à 2mm

 

environ par an!

 

 

 

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Audrey DUSSUTOUR

 

« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur LE BLOB sans jamais oser le demander »

 

181 pp

 

Equateurs Sciences Ed. 2017