QUE TON ALIMENT SOIT TON MÉDICAMENT

 

(atttribué à Hippocrate)  

 

 

 

 

 

Abreuvés que nous sommes par les scandales de toutes sortes, nous sommes devenus pratiquement insensibilisés. Mais parfois il se trouve un 'petit' quelque chose qui arrive à nous faire réagir par un sonore "AAH! NON!! Quand même!!!'

 

 

 

Depuis 2015 un ancien "acheteur/tradeur" ayant travaillé" pendant 20 ans dans l'agroalimentaire est devenu auteur (références en fin d'article). Il livre  ses souvenirs professionnels à propos de la qualité des produits présentés dans les grandes surfaces. Pour publier tous ces exemples (et il doit y en avoir bien d'autres) ses documents irréfutables doivent être bien protégés pour n'être pas susceptibles de disparaître par une destruction accidentelle.

 

Pour ne pas troubler les habitués des "usines de distribution" -selon la nomenclature originelle- l'auteur atténue l'impact de ses propos en précisant que: "pas toutes" (les grandes surfaces); "pas tous" (les produits);  "pas toutes" (les origines). Ce qui devrait, sommes toutes, nous rassurer. Ah?

 

 

 

Abordons courageusement quelques exemples: la vanille rendue totalement insipide (ah?), la confiture de fraises sans fraise (ooh!), le miel sans miel (et ben...) Ceci ne venant pas que du cadre de la vulgaire escroquerie quotidienne mais "au nom du moindre coût final"* Donc dans cette lutte concurrentielle, les produits de la plus basse qualité seront achetés en priorité pour la production de bas de gamme - et quelques autres au passage. Ce sera donc la population le plus en difficulté qui sera surtout victime de ces malversations. Comme si elle en avait besoin!

 

 

 

Pour être complet, il faut souligner que la recherche des prix les plus bas possibles dans les produits de base et leur 'cuisine' conduit parfois les "acheteurs/tradeurs", leurs supérieurs et quelques autres, à des tractations et des pratiques relevant directement de la Justice courante.  ALORS??

 

 

 

Mais, finalement, ceci n'est que peu de choses, j'ai gardé ce que je considère comme le meilleur pour la fin.

 

 

 

L'auteur parle:

 

 

 

            "Les industriels cherchent à se procurer le... ou tout autre ingrédient... au meilleur prix possible. Vous faites la même chose quand vous faites vos courses. La différence, c'est que ce que vous achetez, vous le consommerez, ou vous le ferez manger à vos enfants, alors que l'industriel achète pour des clients, une entité abstraite, lointaine, statistique. C'est pour cela que vous serez prêt à payer un peu plus pour une meilleure qualité. Alors que pour un industriel, faire plus que le minimum est tout simplement une faute professionnelle.

 

            Dans les formations supérieures de techniciens ou d'ingénieurs agroalimentaires, on vous apprend à bien faire votre métier avec des cours de haut niveau en "management de la qualité". Dans ces cours magnifiques auxquels j'ai assisté, des professeurs surpayés vous expliquent que faire un produit de meilleure qualité que la plus basse acceptée par le client, c'est faire ce qu'ils appellent  "de la sur-qualité". Et ça, c'est très, très vilain; ça coûte cher à l'entreprise pour rien, car le groupe d'individus X qui achète le produit, ne le demande pas, ou pire, n'est pas prêt à payer pour. La "bonne qualité", la qualité juste, pour un professionnel bien formé, ce sera donc la plus basse et la moins chère que le client est prêt à accepter et à payer".**

 

 

 

Très beau, chaque mot est à déguster lentement, n'est-ce pas?

 

Alors, maintenant quand vous introduisez l'arrivée de la concurrence là-dedans.... oui?.... bon, d'accord, je vous laisse à votre méditation.

 

 

 

A bientôt.

 

                                                                                                                                                                               Jean Parisot

 

                                                                                                                                                                                     28 05 19

 

*   mis en valeur par la rédaction

 

**Christophe Brusset. Et maintenant on mange quoi?. pp. p60-61

 

 

 

 Pour en savoir plus (...ce serait dommage d'en rester là):

 

                      Christophe Brusset. Vous êtes fous d'avaler ça!           J'ai lu,  2016. 288 pp     6€70

 

                      Christophe Brusset. Et maintenant on mange quoi?.  Flammarion.      2018. 295 pp.  19€