Les virus et les plantes.  (2/2)

 

Pénétrant la plante par effraction,  blessure accidentelle,  pénétration d’un long stylet effilé pour aspirer le liquide nourricier ou blessures occasionnées par les mandibules d’insectes affamés, envahissement par des vers minuscules, les voies d’entrées sont innombrables. Et l’on ne parle pas de la dissémination due aux bouturages, coupes de taille par instruments contaminés, aux séparations de touffes, aux greffages, aux sécateurs et autres instruments, et pire, de nos jours, par la multiplication végétative dite ‘in vitro’ si la précaution élémentaire de contrôle sanitaire n’a pas précédé la mise en culture. 

Lorsqu’un végétal se trouve être inoculé d’une façon ou d’une autre, il devient victime d’une réelle prise de pouvoir par ces envahisseurs. Les virus pénètrent à l’intérieur des  cellules par de micro-ouvertures naturelles et là, «prennent possession» de la machinerie de multiplication cellulaire et la détourne de ses buts à leur seul profit. L’appareil tournant à plein rendement, les virus produits emplissent la cellule, qui littéralement explose, libérant ainsi autant d’éléments contaminants dans la .plante.

Il faut savoir que de nos jours, une plante infectée, est et reste malade, ET CONTAMINANTE. Donc est un foyer infectieux permanent. Cela ne peut en aucun cas rester caché et on ne le répétera jamais assez. 

Que faire pour enrayer pareille catastrophe?

 

La lutte chimique directe est actuellement inexistante.

Les moyens qui pallient cette transmission sont limités dans la pratique quotidienne et se résument  en ceci:

Si l’élimination est impossible (!), quoique préférable!!, isoler les plantes malades, ne les travailler qu’avec les précautions habituelles d’asepsie: mains propres, tous outils régulièrement stérilisés soit par l’eau de Javel, soit par la chaleur. 

Procéder à des traitements préventifs contre les vecteurs comme les pucerons, cicadelles, etc…

Si dans leur très grande majorité les graines sont indemnes de ces parasites, les producteurs de «semences» doivent recourir à des méthodes d’assainissement particulières. Elles relèvent de procédés ayant recours à du matériel pratiquement inaccessible aux particuliers. Tests en laboratoire, indexages, etc… Utilisation de la chaleur  pour «organiser une course de vitesse» de croissance entre la plante et le virus (ça n’est pas gagné!!).

Enfin, l’assainissement des souches par la méthode mise au point par G. Morel (INRA 1963), C’est  à dire en extrayant sous aseptie (et autres conditions) le minuscule centre d’un bourgeon végétatif -appelé méristème-, pour le faire se multiplier sur milieux synthétiques. Car très souvent, cet organe responsable de la croissance de la tige se trouve être indemne de virus. Mais toutes les espèces ne bénéficient pas de cet avantage, et pire (si c’est possible) une espèce donnée peut interdire l’accès de ses méristèmes à un virus, mais laisser libre accès à un autre aussi redoutable et plus gros, ce qui peut être difficilement compréhensible (et pourtant!!).

Il est notoire que la monoculture est un facteur d’aggravation et que la parcellisation et l’entretien des haies limitent les infections. C’est évidemment tout à fait contraire aux pratiques de l’agriculture industrielle.            

 

Certains virus peu nombreux, visant des plantes alimentaires sont classés,  en vertu de leurs parentés de constitution, avec des ‹cousins› affectant quelques petits mammifères (2).

Jusqu’à ce jour la barrière «générique» végétal/homme n’a pas été franchie et la consommation quotidienne de plantes virosées n’a jamais été suivie de malaises identifiés.

Arrivés à ce stade, il est indispensable de bien noter que les panachures ou les surfaces jaunies ne sont pas pour autant l’œuvre de virus. Bien des maladies occasionnées par les champignons présentent cet aspect et d’autre part la constitution génétique naturelle offre également cette expression.

 

 

L’Aucuba du Japon, (e)   arbuste connu de tout un chacun, ainsi que d’autres  sélectionnées pour cette qualité, doivent cette caractéristique à leur strict patrimoine et non à un hypothétique virus.

 

 

J. Parisot      lundi 27 juillet 2020 16 00

 

…………………………………………………………………………………………………………………

 

(1) Il en va de même pour les virus affectant les animaux.

(2) (Rhabdovirus)

…………………………………………………………………………………………………………………

 

Illustrations:

(a)  Origine indéterminée.

(b)  Maladies à virus J. Albouy & JC Devergne  Ed. INRA.

(c)  Peintre: J. Linard (1600-1645)  (in: ci-dessus).

(d)  La culture des Orchidées  Ed. Belin.

(e)  Origine berruyère.