Les virus et les plantes.  (1/2)

 

L’actualité nous donne l’occasion de faire quelques commentaires à ce sujet.

Certainement pas de celui ou de ses semblables qui viennent de nos jours perturber notre vie  courante et pour lesquels je n’ai aucune compétence, mais de  ceux qui depuis des siècles jettent le désordre dans les cultures, quelles qu’elles soient.

Avant même d’être connus pour ce qu’ils sont, ils ont soulevé quelques réactions comme l’étonnement, l’intérêt esthétique, l’envie entraînant la spéculation, l’observation désolée, une vigilance aiguë.

L’étonnement, parce que, selon l’histoire -ou la légende- qui est venue jusqu’à nous, une impératrice japonaise du VIII ème siècle de notre ère aurait fait part dans un poème, d’une feuille jaunie d’intéressante façon portée par une plante à fleurs. Il pourrait s’agir d’après deux  spécialistes, d’un   

   jaunissement des nervures foliaires manifesté par un Eupatoire.(a)

L’intérêt esthétique vint d’abord des Pays-Bas où la curiosité d’amateurs de tulipes fut accaparée par des fleurs présentant des panachures jusque là parfaitement inconnues.(b) Devant cet attrait vite suivi par l’affairisme, quelques producteurs particulièrement observateurs, mirent sur le marché des bulbes qui répondant à la demande, ne firent qu’augmenter et le désir et la spéculation suivie de quelques désastres financiers…

L’attirance pour ces panachures insolites séduisit les peintres qui  reproduisirent   dans de remarquables tableaux. (c)

Au XIX, l’engouement pour les plantes exotiques amena nombre  d’amateurs fortunés à consacrer temps et moyens pour constituer de notables collections d’orchidées. Et c’est à ce propos que des illustrateurs signèrent de nombreuses œuvres conservées dans les cartons de musées.

L’une d’entre elles éditée à la fin de 1885 représentait un Cattleya marbré d’à-plats inhabituels qui furent qualifiés de « caprices de la  nature » (d). Ce ne fut qu’une cinquantaine d’années plus tard que l’auteur de ces «caprices» fut démasqué. 

La Pomme de Terre elle-même fut accusée de dégénérescence en raison de chutes énormes de rendement entre 1930 et 1950, voire après. (La famine irlandaise de 1845 est restée dans les mémoires comme due à la raréfaction de ce légume vital. Le mildiou d’une part et des conditions sociales d’autre part en furent les causes. Les virus -que l’on ne connaissait pas encore- n’y furent pour rien ou si peu…).

Toutes ces altérations, panachures, jaunissements, rabougrissements, pertes de rendements et autres expressions étaient et sont dues à des particules relativement simples, mais qui toutes présentent la même caractéristique. C’est à dire l’impossibilité dans laquelle elles se trouvent de pouvoir se multiplier hors  de toute cellule vivante végétale (1). 

 

Virus Y de la Pomme de Terre

L. 680 -  900 μm *  

l.     11 - 13   μm

(Cliché B. Gélie  INRA)

 

Virus de la panachure du Pelargonium Diamètre: 30 nm**

(Cliché B. Gélie  INRA)

 

.NB: Les virus sont de taille minuscule et la grande énigme à laquelle étaient confrontés les biologistes du temps de Pasteur était de constater, à leur grande surprise, que les éléments qu’ils traquaient passaient au travers des filtres en porcelaine réputés infranchissables.

 

*   1 μm  (micromètre) correspond à 1 millième de millimètre.

**  1 nm  (nanomètre)  correspond à 1 millième de micromètre, d’où 1nm correspond à 1 millionième de millimètre!

 

NB:  Notes en fin de 2ème partie

            J. Parisot  lundi 27 juillet 2020